François Mabille, Enseignement supérieur, Recherche Analyse des relations internationales, géopolitique, religions, Vatican
13 Janvier 2015
Au regard d'autres religions, il existe des spécificités dans l'organisation du catholicisme sur la scène internationale. Par sa structure multiséculaire, l'Eglise catholique tient à la fois de l'Etat (Saint - Siège), de la société civile (ensemble des catholiques) et de l'ONG. Au pape revient canoniquement une autorité qui dispose d'un pouvoir très centralisée, hiérarchique, vertical.
Quelle gouvernance mondiale ?
De 2009 à 2010, le nombre des catholiques est passé de 1,181 milliard à 1,196 milliard, soit une croissance de 1,3 %. La proportion des catholiques dans le monde est stable autour de 17,5%.
La proportion des catholiques dans le monde est stable, autour de 17,5 %.
Leur distribution varie beaucoup d'un continent à un autre:
- En Amérique du Sud le nombre de catholiques a fléchi, passant de 28, 54 à 28, 34 %.
- De même en Europe, de 24, 05 % à 23, 83%
- Il a augmenté en Afrique en passant de 15,15 à 15, 55 %,
- Il a augmenté en Asie du sud-est avec 10, 87 contre 10, 47 %.
La part du clergé ?
Entre 2009 et 2010, le nombre des évêques est passé de 5.065 à 5 104.Les prêtres diocésains comme religieux, sont passés de410 593 en 2009 à 402 236 en 2010 (2 77 009 prêtres diocsains et 135 227 religieux). La dynamique des chiffres varie cependant selon les régions du monde. Le clergé diminue en Europe et s'accroît dans les autres régions du monde.L'augmentation du nombre de prêtres est de 1.695 en Asie, 765 en Afrique, 52 en Océanie, 42 en Amérique.L'Europe a perdu 905 prêtres.Les diacres permanents ont globalement augmenté de 3, 7 % en passant de 38.155 en 2009 à 38.155 en 2010, avec 64, 3 % en Amérique du nord et 33, 2 % en Europe.La diminution des religieux non prêtres est enrayée, avec 54.665 en 2010 contre 54.229 l'année précédente (- 3, 5 % en Amérique du sud, - 0, 9 % en Amérique du nord, stationnaire en Europe, + 4, 1 % en Asie et + 3, 1 % en Afrique).Le nombre des religieuses fléchit encore, en passant de 729.371 en 2009 à 721.935 en 2010 (- 2, 9 % en Europe, - 2, 6 % en Océanie, - 1, 6 % en Amérique, pour + 2 % en Asie.
En 2003, le cardinal Tauran a présenté quelques uns des traits de la diplomatie pontificale en ces termes : "L'Etat a tout intérêt à une collaboration avec l’Eglise : l'Eglise forme la conscience des citoyens, respecte le principe de la légitimité, engage à la solidarité et à l'amour de la patrie. Elle aide aussi l'Etat dans sa mission de service public par ses propres institutions sociales (écoles, hôpitaux, etc.). Bossuet, dans son discours sur l'unité de l'Eglise , n'hésita pas à déclarer: "Le sacerdoce étroitement uni avec la magistrature, tout en paix par le concours de ces deux puissances !". "l'Eglise a trois préoccupations :• que l'organisation du culte et de la pastorale ainsi que la nomination des évêques puissent s'effectuer en toute liberté, sans aucune interférence de la part du pouvoir ;• que les relations Eglise-société soient inspirées par une saine coopération (Pie XII plaidait pour une "saine et légitime laïcité" - discours du 23 mars 1958) : sans subordination ou confusion et sans que cela nuise aux citoyens qui professent une autre religion ou qui ont une conviction idéologique différente ; que la liberté religieuse soit comprise également dans sa dimension sociale : pas seulement la liberté de culte. La liberté des fidèles de pratiquer leur foi en privé et en communauté ne se conçoit pas sans la liberté de l'EgliseLe dispositif, lui, va comprendre l'énoncé des droits qui sont ou seront reconnus à l'Eglise locale :
• reconnaissance de la personnalité juridique civile à l'Eglise et à ses institutions ;
• liberté de s'organiser selon le droit canonique ;
• liberté de communication entre les évêques et le Saint-Siège ainsi qu'avec l'épiscopat mondial ;
• liberté de nomination des évêques ;
• liberté de juridiction ecclésiastique ;
• liberté des congrégations religieuses ;
• attribution des effets civils au mariage canonique ;
• liberté des biens ecclésiastiques, avec souvent des exonérations fiscales et l'affectation à l'Eglise d'une partie des impôts ;
• liberté d'enseignement.
Le réseau diplomatique du Saint SIège
Actuellement les ambassadeurs près le Saint-Siège d’environ 80 pays résident à Rome. Les autres sont des diplomates qui résident dans d’autres capitales d’Europe. Il y a aujourd’hui dans le monde 101 nonces apostoliques en activité, certains s’occupant de plusieurs pays. Près de la moitié, 50, sont italiens, un pourcentage en baisse par rapport au passé (en 1961, 48 nonces sur 58 étaient Italiens, soit 83 % ; et en 1978, 55 sur 75, soit 73 %). Cette baisse devrait se poursuivre puisque, sous le pontificat de Benoît XVI, 26 nonces à leur première nomination ont été élevés à l’épiscopat, dont seulement 10 Italiens (38 %). Toutefois les représentants pontificaux dans des pays importants ecclésiastiquement et politiquement comme la France, l’Espagne, les Etats-Unis, l’Argentine, le Brésil, la Colombie, Israël (Jérusalem et Palestine), la Russie et l’Italie elle-même, sont encore Italiens. Avec Benoît XVI, le réseau de nonciatures a été renforcé en Afrique, où ont été créés deux nouveaux postes : au Burkina Faso en 2007 et au Libéria en 2008. Et la Libye a décidé de donner son accord pour la construction d’une nonciature à Tripoli.Parmi les pays avec lesquels le Saint-Siège a des relations diplomatiques, il y a la Chine-Taïwan. Toutefois, depuis 1979, ce n’est plus un nonce qui y réside, mais un simple « chargé d’affaires par intérim ». Et cela en attendant de pouvoir transférer enfin la nonciature à Pékin. Le Saint-Siège n’entretient pas encore de relations avec 16 Etats, asiatiques pour la plupart et souvent à majorité musulmane. Dans 9 de ces pays – Afghanistan, Arabie Saoudite, Bhoutan, Chine populaire, Corée du Nord, Maldives, Oman, Tuvalu (archipel polynésien) et Vietnam – pas de représentant du Vatican. Dans 7 autres, il y a des délégués apostoliques, c’est-à-dire des représentants pontificaux auprès des communautés catholiques locales mais pas auprès des gouvernements. Trois de ces pays sont africains : Comores, Mauritanie et Somalie. Et quatre sont asiatiques : Brunei, Laos, Malaisie, Birmanie. Le Saint-Siège a quand même eu des contacts formels avec certains de ces pays. Des représentants de l’Afghanistan, de l’Arabie Saoudite, de la Malaisie, d’Oman et du Vietnam ont en effet assisté à la messe de début de pontificat de Benoît XVI. Et aux funérailles solennelles de Jean-Paul II, les représentants de Brunei et de la Somalie ont manifesté leur présence
universitaire, spécialiste du catholicisme, de la paix, des conflits et relations internationales
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