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François Mabille, Enseignement supérieur, Recherche Analyse des relations internationales, géopolitique, religions, Vatican

Le terrorisme religieux

La tragédie vécue en janvier 2015 en France oblige à un travail de clarification autour de la notion de terrorisme religieux. Rappelons tout d'abord la définition de l'UE dans sa proposition de décision-cadre du Conseil relative à la lutte contre le terrorisme, le 19 septembre 2001 : «Les infractions terroristes peuvent être définies comme des infractions commises intentionnellement par un individu ou un groupe contre un ou plusieurs pays, leurs institutions ou leur population, en vue de les menacer et de porter gravement atteinte aux structures politiques, économiques ou sociales de ces pays ou de les détruire ».

C’est donc la motivation des auteurs, leur volonté de saper les structures fondamentales des pays qui déterminent le caractère terroriste de l’infraction et la distinguent d’une infraction de droit commun.

Les analyses concernant le terrorisme religieux se partagent en plusieurs hypothèses d'interprétations, au gré des crimes commis et de la personnalité de leurs auteurs.

Une première approche visera la misère intellectuelle et morale de ces auteurs. Inculture, incohérence du discours tenu et absence de sens moral (distinction entre ce qui est bien et mal, juste appréciation de la violence) constituent alors les critères repérables. En dépit de ce qu' il affirme, ce type de terroriste n'atteint pas le niveau politique qu'il vise. Il est au contraire le signe d'une absence de socialisation politique, de connaissances mêmes en ce domaine. Il en est de même dans l'utilisation de référents religieux, qui ne sont alors que des emprunts fruits d'une inculture religieuse.

Une seconde approche, souvent entendue chez les acteurs religieux, verra dans le terrorisme religieux un dévoiement des religions. On opposera alors le "vrai" christianisme aix intégrismes et fondamentalismes, le "vrai" islam à l'islamisme, etc. C'est par exemple l'approche du pape François, dénonçant le 12 janvier 2015 les "formes déviantes de la religion", en référence aux attentats commis sur le sol français.

Une troisième approche, plus distanciée et fondée sur l'histoire comparée des religions, verra dans le terrorisme religieux "l'ambivalence du sacré", pour reprendre le titre de mon confrère américain Scott Appleby. C'est aussi l'analyse qui prévaut chez l'historien des religions français Michel Meslin dans son maître ouvrage, L'expérience humaine du divin, qui rappelle que dans la prétention à LA vérité, une religion constitue « une structure d’absolu » et qu’il ne faut pas « mésestimer le risque d’intransigeance et de conflit qui découle d’un tel fait ». Ce sont alors le type d’interprétation, une juste compréhension de la dialectique du sacré et du profane, la reconstitution historique du processus de « canonisation » des textes dits sacrés qui peuvent permettre une dissociation à l’égard de la violence potentielle des référents religieux.

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francois-mabille.over-blog.fr

universitaire, spécialiste du catholicisme, de la paix, des conflits et relations internationales
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